La nourriture et les boissons du passé : 10 méthodes de préparation qui captivent l’imaginaire

L’art culinaire, essentiel à l’évolution de notre culture, a franchi des étapes remarquables à travers les siècles. Tandis que nos cuisines contemporaines sont envahies par une panoplie d’outils modernes et des techniques raffinées, nos prédécesseurs exploitaient des approches qui sont, pour la plupart, éblouissantes en comparaison. Le temps est venu pour nous de lever le voile sur ces méthodes fascinantes.

10. L’ÉPOPEE DU CHOCOLAT CHAUD

Se perdant dans la nuit des temps, les grandes civilisations d’Azteques et des Mayas ont accouché de ce qui correspond aujourd’hui à notre fameux “chocolat chaud“. Pourtant, cette concoction ne ressemblait guère à la douceur sucrée que nous savourons à présent. Sa recette originale, bien plus rustique, impliquait l’usage de chocolat brut, lui conférant un tempérament plus rafraîchissant mais également un apport en caféine plus notable. Loin de recourir au sucre, ces peuples précurseurs adoucissaient l’amertume du breuvage avec du miel. Mais ce n’était pas tout ! Il leur arrivait également d’y mêler un assortiment d’épices telles que le poivre, la cannelle, la vanille, l’anis et même du piment.

9. L’EPOPEE LIQUIDE DU VIN

Bien des siècles avant que nous ne maîtrisions les techniques contemporaines de préservation, la manière de consommer le vin était tout autre. Durant les temps antiques d’un Empire romain grandissant, il était coutumier de diluer le vin avec de l’eau, parfois même avec l’eau salée des mers. Les habitants de ces contrées faisaient ainsi non seulement pour adoucir le potentiel alcoolisé de la boisson mais aussi pour lui conférer une trace plus plaisante au palais.

Imaginez, le vin de l’époque avait une propension à se gâter rapidement. Sa période la plus savoureuse était limitée à l’éphémère premier mois post-récolte. Puis, à mesure que son éclat premier déclinait, les connaisseurs tentaient d’en préserver la saveur par l’adjonction de divers ingrédients. Miel, myrrhe, cendres, épices en tout genre étaient maniés avec soin pour tenter de lui redonner de la vitalité.

Et parfois même, dans des tentatives désespérées pour contrer son acidification, du plomb y était incorporé. Dans cet ancestral brouet, chaque geste était une tentative pour prolonger l’euphorie des premiers vins, ces joyaux liquides que les siècles à venir dépoussiéreraient et affineraient dans l’art viticole que nous connaissons aujourd’hui.

8. L’art ancestral de la boulangerie : Le Pain

Sur trace de nos lointains antécédents, remontant à près de 14 000 ans, on trouve des indices indéniables de la fabrication artisanale du pain. Ces vestiges primaires de la production du pain ont été méticuleusement dénichés dans de vieux sites archéologiques localisés principalement au Moyen-Orient, spécifiquement en Jordanie et en Palestine. En ces temps révolus, l’homme a commencé à maîtriser l’art de la culture de plantes céréalières comme l’épeautre, l’orge et le blé sauvage.

La technique résidait dans la récolte des grains, suivie de leur écrasement afin d’en obtenir une sorte de farine première. Pour ce faire, on utilisait des meules de pierres, généralement manoeuvrées à la force de la main. Cette farine rudimentaire était de nature grossière, contenant toujours des fragments de grains.

La transformation suivante consistait à mélanger cette poudre à de l’eau, formant ainsi une pâte. Cette pâte était ensuite moulée en boules et délicatement cuites soit directement sur des pierres chaudes à proximité du foyer, soit dans des fours d’argile rudimentaires. Ces derniers représentent des creux dans le sol, équipés d’un foyer en leur profondeur.

Une fois façonnées, ces boules de pâte étaient déposées avec précaution sur des pierres chaudes à l’intérieur de ces fosses de cuisson. Elles étaient alors recouvertes de cendres ou de feuilles en vue de garantir une cuisson uniforme. Une saveur remarquablement différente de celle du pain contemporain distinguait les premiers pains, essentiellement en raison de la farine non tamisée utilisée dans le processus, qui n’était pas non plus sujette à la fermentation.

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7. UNE INCORPORATION RÉCENTE DU SUCRE DANS NOTRE ALIMENTATION

Autrefois, sous l’ère coloniale, le sucre décorait les tables américaines à raison de six livres par individu et par an. Pourtant, en comparaison de ce temps révolu, le taux d’absorption du sucre par le consommateur américain contemporain a grimpé en flèche pour atteindre environ 130 livres annuellement. Cela équivaut à une prodigieuse explosion de la consommation de sucre, évaluée à plus de 2 000 % depuis la période inaugurale des États-Unis. La spectaculaire ascension de la consommation de sucre est généralement attribuée par les analystes à l’exploitation intensive de la betterave à sucre et à l’amélioration de l’accès à la canne à sucre, renforcée par un accord conclu avec Hawaï en 1876.

VI. L’Art de la Salaison

Les générations précédant l’ère du réfrigérateur, dénuées de cette technologie moderne, ont su développer des stratégies inventives pour maintenir la viande et le poisson en état de consommation. L’une des tactiques les plus symboliques utilisée pour ces aliments, tient dans la manipulation du sel. Toujours répandue aujourd’hui, l’approche de la salaison, ou saumure, s’est révélé être une solution de choix pour assurer la conservation des protéines d’origine animale. Le principe de ce procédé impliquait de recouvrir la denrée d’une quantité substantielle de sel qui, en agissant en qualité de puissant agent de déshydratation, garantissait la préservation de sa comestibilité.

À l’époque, une autre méthode faisait également les éloges de nos aïeux : le séchage au sel. Cette variante requérait de frotter l’alimentation avec du sel minéral, immédiatement suivi d’un placement dans un emplacement spécifique, caractérisé par sa siccité et sa bonne ventilation. Le rôle du sel était d’absorber toute l’humidité de l’aliment, contribuant ainsi à sa longévité et à sa conservation optimale pendant une durée significative.

5. L’attachement historique à la bière

Aux tréfonds de l’animation des rues médiévales, s’infiltrait le parfum caressant de la bière de table, un breuvage qui, à l’époque, avait bravé l’épreuve du temps pour se glisser dans la routine quotidienne de chacun. Et, n’en déplaise aux idées préconçues, son rôle principal n’était pas d’offrir une eau potable alternative mais de proposer une source d’énergie astucieuse en cette époque où les ressources se faisaient rares et la vie quotidienne s’avérait rude. Cette bière, appelée “petite bière” ou “bière de table”, distinguée des autres breuvages plus alcoolisés du moment, se démarquait par une faible teneur en alcool. Cela impliquait que sa consommation permettait d’en tirer des atouts nutritionnels non négligeables sans pour autant risquer de se retrouver éméché ou, pire, ivre.

4. L’enchantement du cheesecake

L’évocation du cheesecake, invariablement, fait naître l’image séduisante d’une portion onctueuse avantageusement surplombée de fruits frais ou arrosée de coulis sucré. Cependant, ce tableau contemporain du gâteau au fromage typiquement new-yorkais cache en fait une origine nettement lointaine et différente. Nos ancêtres les Grecs, maîtres dans l’art culinaire, avaient pour coutume de concocter une variante singulièrement distincte de ce délicieux dessert. Le tout était fabriqué à partir d’ingrédients basiques que sont la farine, les œufs, de ricotta (qui est un fromage frais), du miel et occasionnellement parfumé à la lavande pour une touche aromatique discrète. Cette formulation dépouillée et authentique manifeste clairement les ressources gastronomiques dont ils disposaient au fil du temps. L’assemblage de tous ces éléments était ultérieurement cuit au sein d’une petite enveloppe pâtissière, donnant ainsi naissance à une friandise subtile et alléchante.

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3. L’essence du Bouton d’Or : L’eau de rose

Extractée par un procédé méticuleux de distillation des délicats pétales de roses, l’eau de rose se présente comme une essence parfumée. En son temps, elle a joué un rôle phare dans divers domaines, notamment en cuisine et en médecine. Imaginez-vous à l’aube du XIXe siècle, où dans chaque boulangerie régnait une odeur fleurie, le secret ? L’eau de rose. Effectivement, elle était réputée pour ajouter à leurs produits une note parfumée, douce et originale, créant un contraste avec les autres arômes plus conventionnels.

Néanmoins, il est crucial de souligner que les tendances culinaires ont connu une métamorphose avec le temps. Les saveurs qui s’inspirent de la nature, telles que celles des fleurs, étaient jadis l’apanage de nombreuses cultures y compris celle de l’eau de rose. Cependant, les dernières décennies ont vu une transition majeure dans les goûts occidentaux. Les saveurs florales ont lentement mais sûrement perdu leur popularité au profit de la cuisine occidentale moderne, qui privilégie davantage de saveurs neutres et familières.

Alors, le parfum des fleurs a été progressivement écarté, se trouvant relégué pour des utilisations plus spécifiques et exotiques. Mais, qui sait ? Peut-être que l’essence florale trouvera le chemin de nouveau vers nos cuisines. Après tout, les saveurs, comme la mode, ont tendance à tourner en cycle.

2. L’ÉPOPÉE DES FRUITS ET DES NOIX

Avant l’aube de l’ère industrielle et la naissance des processus contemporains de préparation et de préservation des aliments, une pâtisserie ou un dessert débordant de noix et de fruits était considéré comme un véritable symbole de sophistication et de somptuosité. Ces éléments, aussi savoureux qu’ils étaient, exigeaient un coût élevé et leur acquisition en dehors des périodes de récolte relevait souvent du défi. De ce fait, les desserts décorés de fruits exotiques et de noix étaient l’apanage des moments extraordinaires, des festivités et des célébrations en tous genres. Cependant, la révolution industrielle a apporté son lot de bouleversements, notamment en termes de conservation, augmentant ainsi la disponibilité de ces merveilles de la nature. Bien que bénéfique, ce progrès a lentement mais sûrement amoindri leur statut de rareté. La modernisation technologique a rendu ces ingrédients précieux largement disponibles tout au long de l’année, ébranlant ainsi graduellement leur aura d’exclusivité.

1. L’ART DE LA CUISSON DOMESTIQUE

En remontant aux périodes coloniales et traversant d’innombrables époques historiques, l’art de la cuisine domestique était une aptitude essentielle à l’existence quotidienne. Cela dit, les techniques employées et l’outillage disponible étaient généralement basiques, ce qui compliquait singulièrement la réalisation de la moindre tâche culinaire. Nos ancêtres faisaient appel à des levains naturels pour concocter biscuits et crêpes, et bien que ce soit une méthode simple en théorie, l’obtention de la consistance et du goût idéals demandait un réel savoir-faire, une forme de virtuosité. L’élaboration du pain de seigle ou de froment constituait un défi encore plus grand. Les artisanes et artisans devaient, en effet, maîtriser les subtilités des fours en brique de type ruche, dont le degré de chaleur variait en fonction de la quantité de cendres brûlées, un exercice ne laissant pas de place à l’erreur et exigeant une vigilance constante.

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