Un sanglier sur la voie, et c'est votre départ en week-end qui peut en pâtir. En moyenne, 15 trains sont percutés chaque jour par des animaux sauvages, et les collisions ont bondi de 60 % en trois ans. SNCF Réseau teste des balises sonores et lumineuses : sur un tronçon de la Loire, les chocs ont chuté de 90 %.
En bref
- Les collisions avec des animaux sauvages ont augmenté de 60 % en trois ans, surtout à cause des sangliers.
- Blue Sentinel, un système de balises sonores et lumineuses, est testé sur la ligne Paris-Nantes, à Oudon, sur cinq kilomètres.
- Depuis l'été 2024, les collisions ont reculé de 90 % sur ce tronçon ; le système gagne cinq autres régions.
Le chiffre clé : 60 %, hausse des collisions de trains avec des animaux sauvages en trois ans.
15 trains percutés par jour, et les sangliers en première ligne
Le chiffre est brut : en moyenne, 15 trains sont percutés chaque jour par des animaux sauvages qui traversent les voies. En trois ans, le nombre de collisions a grimpé de 60 %. La SNCF en a fait l'une de ses hantises, et l'explication principale tient en un mot : les sangliers, dont la prolifération n'est pas maîtrisée.
Pour vous, voyageur, l'enjeu s'appelle la régularité. Chaque collision menace la ponctualité d'un train, et donc celle de votre court séjour. Le gestionnaire des infrastructures, SNCF Réseau, cherche une parade qui protège à la fois les circulations et les animaux.
Blue Sentinel : des balises vertes plantées tous les 50 mètres
Le dispositif s'appelle Blue Sentinel. Il s'agit d'avertisseurs sonores et lumineux qui se déclenchent quelques secondes avant le passage d'un train, pour chasser les animaux des abords des rails. Il a été conçu par ElanRail, une société française.
L'expérimentation a lieu notamment sur des portions de la ligne Paris-Nantes. À Oudon, en Loire-Atlantique, cinq kilomètres de voies en bord de Loire ont été équipés. Tous les 50 mètres, une petite balise verte rectangulaire en plastique est installée sur un piquet. Michaël Rublon, directeur d'ElanRail, précise que ce plastique est prévu pour résister au soleil et aux intempéries.
Le lieu n'a pas été choisi au hasard. Plus de 150 trains y passent chaque jour, juste à côté d'une île de la Loire qui sert de refuge à de nombreux animaux. Catherine Denardou, responsable faune chez SNCF Réseau Pays de la Loire, évoque environ deux tiers de sangliers pour un tiers de cervidés, de type chevreuil. Ils traversent le fleuve, puis la voie, pour rejoindre les champs et les fermes.
Chiens, tirs, orage ou sons électroniques : une bibliothèque pour effaroucher
Les balises ne se contentent pas d'un signal lumineux. Elles puisent dans une bibliothèque de sons, avec deux familles : les sons dits évocateurs (chiens, armes à feu, bruits météorologiques) et les sons dits non évocateurs, purement électroniques.
« Le dispositif est fait pour s'adapter à tous types d'espèces. Il y a une bibliothèque de sons dedans, des sons dits 'évocateurs' : des chiens, des armes à feu, des sons météorologiques ; et on a également des sons dits 'non évocateurs', ce sont des sons électroniques. »
Michaël Rublon, directeur d'ElanRail, à franceinfo
Cette polyvalence compte à Oudon, où sangliers et chevreuils fréquentent le même secteur. Le système doit fonctionner sur plusieurs espèces à la fois.
Les collisions ont reculé de 90 % depuis l'été 2024
Les balises ont été mises en place à l'été 2024. Depuis, les collisions avec les trains ont diminué de 90 % sur le site. Ce résultat a convaincu SNCF Réseau de déployer le système dans cinq autres régions.
| Repère | Chiffre |
|---|---|
| Hausse des collisions en trois ans | 60 % |
| Trains percutés par jour, en moyenne | 15 |
| Trains par jour à Oudon | plus de 150 |
| Voies équipées à Oudon | 5 km |
| Espacement des balises | 50 m |
| Baisse des collisions depuis l'été 2024 | 90 % |
Pour Vincent Auria, responsable transformation durable de la SNCF, « le but est d'éviter les collisions et d'éviter aussi de tuer les animaux ». Il présente le système comme une solution d'évitement, qui répond aux exigences de sécurité et de régularité tout en préservant la biodiversité.
Le débroussaillage reste la priorité, les balises un complément
Malgré ces résultats, SNCF Réseau mise surtout sur autre chose : le traitement préventif de la végétation en bord de voie. L'idée est de réduire les arbustes et les fourrés où les sangliers s'abritent.
ElanRail regarde déjà plus loin. La société espère vendre Blue Sentinel à d'autres pays confrontés aux mêmes difficultés sur leur réseau ferroviaire.
Reste une inconnue pour vous : les éléments connus ne précisent ni les cinq régions concernées ni le calendrier du déploiement.
Vos questions
Combien de trains sont percutés par des animaux sauvages ?
En moyenne, 15 trains sont percutés chaque jour par des animaux qui traversent les voies. Les collisions ont augmenté de 60 % en trois ans, notamment à cause de la prolifération incontrôlée des sangliers.
Comment fonctionne le système Blue Sentinel ?
Ce sont des balises connectées, sonores et lumineuses, plantées le long de la voie. Elles se déclenchent quelques secondes avant l'arrivée d'un train et diffusent des sons évocateurs ou électroniques pour effaroucher les animaux.
Où le dispositif est-il testé ?
Sur des portions de la ligne Paris-Nantes, notamment à Oudon, en Loire-Atlantique, sur cinq kilomètres en bord de Loire. SNCF Réseau veut maintenant l'installer dans cinq autres régions.
Sources : franceinfo.