Le gazole a franchi les 2 euros le litre en mars, puis touché 2,40 euros le 20 septembre. Si le plein de vos départs en week-end vous fait hésiter, vous n'êtes pas seul : TER, bus longue distance et covoiturage se remplissent. Voici ce que montrent les chiffres, et les solutions pour partir sans passer par la pompe.
En bref
- Le gazole a dépassé 2 euros le litre en mars et atteint un record de 2,40 euros le 20 septembre.
- Les TER ont accueilli 39,9 millions de voyageurs en septembre, soit 4 % de plus qu'un an plus tôt.
- Blablacar compte 20 % de conducteurs inscrits en plus, avec de plus en plus de trajets de 50 à 100 kilomètres.
Le chiffre clé : 2,40 euros, le prix record du litre de gazole, atteint le 20 septembre.
Le gazole a touché 2,40 euros et la voiture recule sur les routes
Le litre de gazole a passé la barre des 2 euros en mars. Le 20 septembre, il a atteint son record à 2,40 euros. Le 2 octobre, les pays du G7 ont annoncé qu'ils libéreraient jusqu'à 100 millions de barils de gazole et de brut pour tenter de détendre les prix.
En attendant, les automobilistes adaptent leurs habitudes. Sur les autoroutes Vinci, le trafic est inférieur d'environ 3 % depuis le début de l'année, d'après Nicolas Notebaert, directeur général Concessions du groupe. En août, le trafic global a reculé de 5,6 %, et de 6,2 % pour les véhicules légers.
Selon lui, ce phénomène apparaît à chaque hausse brutale du prix de l'essence, comme après l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022. Pour votre week-end, cela veut dire une chose : de plus en plus de monde cherche une alternative, et les places se remplissent.
Le train régional gagne des voyageurs, et Occitanie baisse ses tarifs incitatifs
Les trains vous attendent avec de plus en plus de voisins de wagon. En septembre, les trains régionaux de la SNCF ont transporté 39,9 millions de passagers, soit 4 % de plus qu'en septembre 2025. En juillet et août, la hausse atteignait 4,8 %.
Le détail est parlant : le nombre d'abonnés mensuels des TER reste stable, mais les voyageurs occasionnels progressent de 6 %. Ce sont précisément ceux qui partent le temps d'un week-end. Les abonnements annuels augmentent aussi.
« Depuis quelques mois la fréquentation des trains augmente assez fortement, simplement parce que nos concitoyens voyant les prix du carburant augmenter, font le choix du transport collectif, c'est très net, et on observe ce phénomène partout en France. »
Franck Leroy, président de la région Grand Est et de l'AFIT, à l'AFP
Autre signal : la région Occitanie a relevé en octobre ses tarifs incitatifs sur les trains. Si vous partez de cette région, regardez ce qui est proposé avant de réserver.
Les chiffres du report vers les transports collectifs
| Indicateur | Évolution |
|---|---|
| Passagers TER, septembre (39,9 millions) | + 4 % sur un an |
| Passagers TER, juillet et août | + 4,8 % sur un an |
| Voyageurs TER occasionnels | + 6 % |
| Transilien (trains de banlieue et RER), huit premiers mois | + 4,2 % à 618,4 millions de voyages |
| Abonnements Navigo annuels, premier semestre | + 3 % |
| Remplissage Blablabus, mars puis septembre | + 13 % puis + 8 % |
En Île-de-France, où vivent 12 millions de personnes, la tendance est la même sur les abonnements. Pour les métros, tramways et bus urbains, il est trop tôt pour conclure : les chiffres sont consolidés en fin d'année, et certains réseaux perdent des voyageurs l'été à cause de travaux de maintenance.
Le bus longue distance se remplit quand la pompe flambe
Le bus longue distance suit la même courbe. Blablabus a constaté une hausse de ses taux de remplissage liée aux prix à la pompe : + 13 % en mars, lors de la première flambée du carburant, puis + 8 % en septembre.
Concrètement, si vous visez un week-end dans une grande ville, ne comptez pas sur des cars à moitié vides. Réservez tôt, surtout pour les départs du vendredi soir et les retours du dimanche, qui sont les plus recherchés en général.
Le covoiturage se réinvente sur les trajets de 50 à 100 kilomètres
Blablacar a vu le nombre de ses conducteurs inscrits bondir de 20 % entre le 1er mars et le 1er octobre, par rapport à la même période de l'an dernier. Le 24 septembre, quatre jours après le record du gazole, la plateforme a enregistré un pic historique : 2 200 inscriptions de conducteurs en une journée, contre 700 en moyenne.
Un nouveau comportement apparaît depuis la rentrée. Les trajets de 50 à 100 kilomètres se multiplient, alors que le trajet partagé moyen sur la plateforme est de 300 kilomètres. Une porte-parole cite des trajets du type Lyon-Saint-Étienne, proposés par des conducteurs qui espèrent que la participation des passagers aidera à remplir le réservoir.
Pour vous, passager, c'est une piste pour une escapade de proximité. Pour vous, conducteur, c'est une façon de partager le coût d'un plein devenu lourd. La région Occitanie a d'ailleurs doublé son aide au covoiturage en octobre.
Si vous changez de voiture, l'électrique pèse de plus en plus
La flambée a aussi bousculé le marché. En septembre, les voitures électriques ont représenté 42 % des ventes de voitures neuves en France, contre 27 % en février. Sur les neuf premiers mois de 2026, leur part atteint 31 %, contre 20 % l'an passé, selon la plateforme automobile (PFA).
Le même mois, les ventes de voitures à essence ont reculé de 39 % par rapport à 2025, celles de diesel de 62 %. Selon le site Sipa automobiles, rouler en électrique coûte deux à trois fois moins cher qu'un plein de gasoil, à condition de recharger à la maison.
Vos questions
Le gazole a-t-il vraiment dépassé 2 euros le litre ?
Oui, la barre des 2 euros a été franchie en mars. Le record est tombé le 20 septembre, à 2,40 euros le litre. Le 2 octobre, les pays du G7 ont annoncé la libération de jusqu'à 100 millions de barils pour réduire la pression sur les prix.
Les trains sont-ils plus fréquentés qu'avant ?
Oui. En septembre, les trains régionaux de la SNCF ont transporté 39,9 millions de passagers, soit 4 % de plus qu'en 2025. Les voyageurs occasionnels des TER progressent de 6 %, donc réservez tôt pour vos week-ends.
Le covoiturage est-il adapté à un court trajet ?
Oui, c'est même la tendance de la rentrée chez Blablacar : les trajets de 50 à 100 kilomètres se multiplient, alors que le trajet moyen est de 300 kilomètres. Les conducteurs inscrits ont augmenté de 20 % entre le 1er mars et le 1er octobre.
Sources : notretemps.com.