Marseille : 16 % de meublés touristiques en moins, ce que ça change pour votre week-end et votre logement sur place

Marseille revendique 16 % de meublés touristiques en moins entre 2024 et 2025, de 13 000 à 11 000. Ce que cela change pour votre séjour.

Marseille : 16 % de meublés touristiques en moins, ce que ça change pour votre week-end et votre logement sur place
Lucile Vandermeersch · (maj. 20 octobre 2026)
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Vous cherchez un logement pour un week-end à Marseille ? Le nombre de meublés touristiques a reculé de 16 % entre 2024 et 2025, de 13 000 à 11 000, et de 35 % dans le quartier du Panier. La mairie y voit un premier succès. Pour votre budget, rien n'est chiffré, mais l'offre se resserre.

En bref

  • Entre 2024 et 2025, Marseille est passée de 13 000 à 11 000 meublés touristiques, soit 16 % de moins.
  • La mairie limite la location des résidences principales à 90 jours par an et exige un logement long terme en contrepartie.
  • Un multipropriétaire a écopé de 440 000 euros d'amendes fin septembre, et une vingtaine de procédures restent en cours.

Le chiffre clé : 16 % de baisse de l'offre de meublés touristiques à Marseille entre 2024 et 2025.

L'offre a reculé de 16 % en un an, et de 35 % au Panier

La mairie de Marseille a dévoilé ses chiffres mercredi. En 2024, la ville comptait 13 000 meublés touristiques. Un an plus tard, il en reste 11 000. C'est 16 % de moins, a détaillé Audrey Garino, adjointe au maire déléguée au logement.

Dans le quartier touristique du Panier, la chute atteint 35 %. C'est là que la pression des locations de courte durée était la plus visible, et que la ville concentre ses efforts.

Il faut garder l'échelle en tête. Entre 2020 et 2023, les offres avaient bondi de 73 %. La municipalité parle elle-même d'une légère baisse, pas d'un retour en arrière. Voici les repères utiles.

IndicateurChiffre
Hausse des offres entre 2020 et 202373 %
Meublés touristiques en 202413 000
Meublés touristiques en 202511 000
Baisse sur la ville16 %
Baisse au Panier35 %
Demandes de logement social en souffrance54 000

90 jours par an et un logement en contrepartie : les règles qui pèsent sur les hôtes

La mairie s'appuie sur deux mesures phares. La première limite à 90 jours par an la location d'une résidence principale. La seconde oblige un propriétaire qui veut exploiter un meublé touristique à proposer un autre logement en location longue durée.

  • Plafond de 90 jours pour les résidences principales.
  • Un logement long terme à proposer en échange d'un meublé touristique.
  • Des procédures judiciaires contre les propriétaires hors des clous.

Le volet judiciaire a donné un résultat marquant fin septembre. Un multipropriétaire avait transformé sans autorisation un petit immeuble d'habitations du Panier et un appartement du centre-ville en locations de courte durée. Il a été condamné à 440 000 euros d'amendes.

Une vingtaine d'autres procédures sont encore en cours. Selon Audrey Garino, plus de 70 % des multipropriétaires qui font de la location type Airbnb à Marseille ne sont pas marseillais. Ils ne viennent même pas des Bouches-du-Rhône ou de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Pour votre week-end : un choix plus étroit, des prix à surveiller

Premier effet concret : il y a moins d'annonces. Avec 2 000 meublés de moins en un an, et une offre réduite d'un tiers au Panier, vous avez moins de marge pour choisir, surtout si vous visez ce quartier.

Deuxième point : le plafond de 90 jours. Un logement qui sert de résidence principale ne peut pas être loué toute l'année. Les dates les plus demandées peuvent donc partir plus vite. Réservez tôt et vérifiez le calendrier de l'annonce.

Troisième point : les boîtes à clés. Mercredi matin, des employés municipaux ont brisé de grosses boîtes accrochées à des barrières, sur une place du Panier, car elles empiétaient sur l'espace public. Demandez à l'hôte comment il remet les clés, au lieu de compter sur une boîte dans la rue.

Reste la question du prix. Aucun chiffre ne mesure à ce jour l'effet de la baisse sur les tarifs d'un week-end. Moins d'offre dans une ville très demandée peut tirer les prix vers le haut, mais ce n'est qu'une hypothèse. Comparez les meublés avec les hôtels sur vos dates avant de décider.

Un maire de quartier dénonce un « Disneyland-sur-Mer »

Anthony Krehmeier, maire des 2e et 3e arrondissements, où se situe le Panier, parle d'une « dérive d'Airbnb ». Il décrit une plateforme devenue « du business pur », utilisée par des investisseurs venus « faire de l'argent sur le dos des Marseillais ».

« Là où j'avais des commerces, aujourd'hui j'ai des échoppes qui vendent des cartes postales et du savon Made in China, je n'ai plus de boulangerie. Et finalement j'ai un quartier qui meurt. »

Anthony Krehmeier, maire des 2e et 3e arrondissements de Marseille, cité par Notre Temps

La ville avance aussi un argument social. Les meublés touristiques ont, selon elle, « considérablement » réduit le parc immobilier d'une ville où la crise du logement est forte. Elle compte 54 000 demandes de logement social en souffrance et beaucoup d'habitat indigne.

Airbnb se dit prêt à des quotas par quartier

Le groupe Airbnb a réagi par communiqué. Il affirme partager avec la ville l'objectif de préserver un équilibre entre l'accès au logement et un tourisme qui profite aux habitants.

Il se déclare favorable à des règles locales proportionnées et ciblées, comme des quotas par quartier, notamment dans les secteurs les plus tendus.

Sur le fond, les chiffres s'opposent. La plateforme assure que 80 % des hébergements proposés à Marseille sont loués occasionnellement par des Marseillais. Selon elle, ces logements n'ont donc pas vocation à revenir sur le marché locatif de longue durée. La mairie, elle, vise surtout les multipropriétaires.

Pour le voyageur, le débat reste ouvert. Les quotas par quartier ne sont pour l'instant qu'une piste évoquée par Airbnb.

Vos questions

Combien de meublés touristiques compte Marseille aujourd'hui ?

La ville en recense 11 000 en 2025, contre 13 000 en 2024. Cela représente une baisse de 16 %. Dans le quartier du Panier, le recul atteint 35 %.

Un week-end à Marseille va-t-il coûter plus cher ou moins cher ?

Aucun chiffre n'est donné sur l'effet des mesures sur les prix. L'offre est plus réduite, ce qui peut peser sur les tarifs, mais ce n'est qu'une hypothèse. Comparez meublés et hôtels sur vos dates.

Quelles règles limitent les locations de courte durée à Marseille ?

Une résidence principale ne peut être louée que 90 jours par an. Un propriétaire qui exploite un meublé touristique doit aussi proposer un autre logement en location longue durée. La ville mène en plus des procédures judiciaires, dont une amende de 440 000 euros fin septembre.

Sources : notretemps.com.

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Lucile Vandermeersch

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